| La Horde des Morts de Sous
ligue des champions Par Subfoot - La Rédaction (autres articles du même auteur) mer 13 août 08 / 4:00 |
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La Ligue des Champions est lancée. Troisième tour préliminaire aller. La Ligue 1 débute à peine sa saison qu'elle passe déjà dans l'ombre de la compétition continentale majeure.
Pour ceux qui jouent leur qualification définitive en poules, l'enjeu est de taille.
Une qualif en poule, c'est trois matchs aller, trois matchs retour et autant d'occasions de rembourser les transferts et de vendre des cartes téléphoniques à l'effigie du club favori. Pour les plus gros poissons (Juve, Arsenal, Barcelone, Liverpool, Galatasaray), l'enjeu a des allures de piège, si peu de temps après avoir repris la direction des terrains. Et tous les clubs qui se présentent sur la ligne de départ ont des allures de loups affamés ! Pour les joueurs, rien de tel que de participer à la reine des compétitions. Et pour leurs employeurs, rien de tel que leurs joueurs y participent !
En résumé, Marseille a gambadé dans les terres fraîches de la Norvège avec son maillot à la mode « lacosto - airness ». La Juve en a planté quatre à la maison contre Bratislava. Arsenal, en déplacement aux Pays Bas, en a mis deux au FC Twente. Etc.
Le véritable intérêt de cette soirée de préliminaires a lieu en Allemagne, pour un match entre Schalke nul vier et l'Atletico Madrid d'un Coupet qui n'est pas titulaire.
Sur le terrain, l'absence du gardien français n'entame en rien la qualité des équipes alignées. Mais l'OL supporte les espagnols : s'ils se qualifient, le montant de la transaction pour Coupet est plus élevée de quelques 500 milles Euros...
Côté allemand : Rakitic, suisse à damier croate, Farfan, péruvien au doux nom en provenance du PSV, Engelaar, la tour de contrôle du milieu hollandais durant l'Euro, et Kuranyi, Kevin de son prénom, natif du Brésil, son père est germano hongrois, sa mère est panaméenne. L'entraîneur, Fred Rutten, hollandais et ancien entraîneur de Twente. Altintop est sur le banc.
Côté espagnol : Tomas Ujfalusi, pilier de la sélection tchèque, quatre ans dans la défense de la viola, Maxi Rodriguez, monsieur plus beau but de la Coupe du Monde 2006, Assunção, un brésilien en provenance... du Portugal et qui excelle en milieu défensif, Simao, ex nouveau Luis Figo passé par Barcelone, Heitinga, néerlandais dont le nom complet est John Gijsbert Alan Heitinga, surnommez le Johnny, Diego Forlan, ni péruvien ni panaméen ni brésilien ni argentin mais... uruguayen !, transféré depuis Villareal l'année dernière pour 21 millions d'Euros, pichichi du championnat espagnol en 2005, et... Florent Sinama Pongolle, ex étoile annoncée du football français, disparu des esprits en même temps qu'il a quitté Liverpool pour Huelva... et revenu sur la scène médiatique jusqu'à être recruté par l'Atletico pendant l'été pour 8 millions d'Euros. Luis Garcia est sur le banc.
La description des équipes européennes est digne du livre des merveilles de Marco Polo. Excitant la curiosité. Un voisin sûr de son flair et de ses idéaux me dirait que c'est ça, le « village monde ». Une mixture qui défie les limites géographiques chères aux frontières nationales.
Si le bataillon footballistique du club madrilène est plus impressionnant, l'équipe allemande donne bien meilleure impression sur le terrain.
Il faut dire que la vue est trouble. Les Jeux Olympiques en Chine et à l'heure américaine ont déjà obligé à puiser dans les ressources du téléspectateur amoureux des sports. Ça n'empêche pas de rester scotcher sur l'ouverture du score. Un coup franc depuis la droite de l'entrée de la surface de réparation, par Pander, d'un tir puissant comme une percée d'un char Panzer.
Le coup franc est obtenu sur une faute débile et violente. C'est un début de saison, avec ses errements. Des imprécisions qui coûtent chères. A l'Atletico, qui est dans une situation financière déplorable, le comptable a de quoi faire une crise de nerf.
Forlan et Maxi Rodriguez occupent la défense adverse, mais sans provoquer plus que quelques frayeurs somme toutes normales dans un match de ce niveau. L'argentin délivre encore une frappe terrible. Devant, Pongolle est si présent que le commentateur télévisuel évoque ses amitiés d'avec le nouveau numéro neuf du PSG, Hoarau... N'empêche, il n'est pas loin d'égaliser avant la mi temps.
Farfan fait admirer ses déhanchés. Kuranyi son sens du hors jeu.
C'est l'occasion de découvrir Ernst, milieu défensif allemand hostile aux chevauchées créatrices de ses adversaires.
Un match à se perdre dans ses pensées. Celles du tournoi olympique et des belles performances de Gervinho. Celles et quasi toutes qui n'ont plus trop le foot en point de mire. Celles du précis déclamateur latin qui prononce le nom germanique du stade : Arena AufSchalke – Gelsenkirchen. De quoi imaginer être en train de réciter du Goethe. Quand on n'est pas bilingue, on peut toujours rêver.
Mené au score, l'endetté club madrilène se livre et pousse vers l'avant. Schalke ferme, au verbe et à l'adjectif. Ça fait de nombreuses situations rudes, des deux côtés.
Aux alentours de la soixante dixième minute, le téléphone sonne. Ce n'est pas Gaston, mais c'est quand même un pote.
Une bière en terrasse ou la fin d'un match qui ne changera pas le cours des choses, si ce n'est pour ceux qui ont pensé que le jeu en valait beaucoup, beaucoup plus que la chandelle...
La bière était fraîche dans cet été pluvieux.
Schalke a gardé le gain du match. Le retour promet un joli suspense. Les J.O. seront ils finis, et l'OL déjà assuré d'un huitième titre de champion de France ?
En tout cas, Domenech aura donné sa énième sélection à un type qui ne remettra jamais ensuite la tunique bleue. S'endormir en pensant à Rod Fanni, c'est original.
