Jolie poupée
les héros
Par Guillaume S., altersociologue - La Rédaction (autres articles du même auteur)
mer 6 fev. 08 / 4:45

Vous l’avez lu comme moi. Le onze 2008 de notre rédacteur Total Partizan n’inclut pas dans sa formation, la nouvelle perle de l’AS Monaco : Jeremy Menez. Suite à cet oubli détonnant, j’ai d’abord pleuré à chaudes larmes, un peu comme une adolescente devant Cali, j’ai ensuite tambouriné la perte de ma chambre à coucher, tel un gamin de 8 ans privé de goûter puis je me suis posé plusieurs questions, cinq, sur ce choix hasardeux. Permettez-moi de vous les livrer afin de susciter en vous le débat qui s’impose sur un joueur qui selon moi fera un malheur dans les dix prochaines années si sa route ne croise ni celle de Jurietti, ni celle de Materazzi.

1. TP fait tout le contraire de Domenech

Total Partizan est Stéphanois. L’après-derby (1-1, Benzema à la 92ème) a été pénible ce d’autant plus que ce rédacteur n’est basé ni à Genève, ni à Rome, ni à Madrid, mais bel et bien dans la gueule du Diable, dans l’antre du Mal, j’ai nommé la capitale des Gaules et des Guignols : Lyon.

Du coup, tous les Lyonnais sont suspectés de sale gueule. Aucun n’est présumé innocent et Domenech est le premier d’entre eux.

Pas subtile mais terriblement efficace pour la bonne humeur du Stéphanois. Menez est sélectionné par Domenech ? Il ne le sera pas par Total Partizan. Chavez n’a jamais aimé les décideurs impérialistes, TP non plus.

Dommage, le monégasque a un sac de classe dans les chaussures [cliquer lien pour voir vidéo].

2. Irrégularité.

Le petit choisirait ses matchs… Présent lors du Monaco-OM au Stade Louis II l’an dernier, il me semblait qu’il choisissait surtout ses moments dans les matchs. Il marche souvent c’est vrai. Mais quand il court, il ne fait pas semblant. C’est fulgurant. Toutes proportions gardées, il m’a fait pensé au Zidane de Cannes et de Bordeaux : une belle feignasse mais une classe folle. Mettez Menez dans les mains de Lippi et il va vous en faire une étoile. Attention toutefois aux régimes pharmaceutiques et à la perte de cheveux.

3. Menez est une étoile filante

En parlant d’étoile, Menez n’aurait encore rien prouvé. Ouedec, Pedros, Dalmat, Le Tallec, Luccin, … Combien d’entre eux ont joué une saison, deux saisons puis plus rien ? C’est vrai. Mais Menez semble avoir un plan de carrière un peu plus finaud que celui de ses prédécesseurs. Après Sochaux, club formateur, Monaco, club protecteur pour grandir sans pression. Sagnol, Thuram, Trezeguet, Djorkaeff, Henry, combien ont suivi cette trajectoire ? Il n’y a pas de hasard, quand on sort d’un centre de formation ou d’un club de seconde partie de tableau, il faut aller à Monaco si on veut grandir proprement avant d’envisager passer à la dimension supérieure. Menez l’a compris, Pedretti l’a appris à ses dépens. Il suffit qu’il éclate cette année ou l’année prochaine et les italiens seront sur lui. Tiens, je parie, avec tous les lecteurs de cet article, que les émissaire des grands clubs de la Péninsule ou d’ailleurs [cliquer ici pour lien à l'article en question] ont déjà tapé leurs rapports sur le talent du néo-sélectionné.

4. Menez est un Ferreri

Menez est bon, pas de débat là-dessus. Mais de là à en faire un « fuoriclasse », faudrait pas pousser. Des types qui ont une seule sélection en équipe de France, on en ramasse à la pelle : Cyprien, Zebina, Jurietti, Chimbonda,…

Bon, primo, Ferreri a une carrière somme toute plutôt correcte que ce soit avec Bordeaux ou en équipe de France. Deuxio, Menez a tardé à éclore au niveau international en comparaison aux joueurs de sa génération : Benzema, Ben Arfa, Nasri, mais il n’a que 21 ans. Tertio, Menez a plus de 100 matchs au compteur en Ligue 1, ce n’est pas Aurélien Granjean, le junior de Saint Just Malmont.

Son avenir est donc devant lui. On n’a ni affaire à Lilian Laslandes ni a Brunel.

5. Menez porte un nom de famille de loser

C’est effectivement la seule bonne raison de ne pas vouloir le mettre dans le onze des révélations 2008. Les 30-50 ans sont sous l’effet du réflexe de Pavlov. Quand ils entendent Menez, ils pensent à ça [cliquer lien pour voir Bernard], et ça fait un peu froid dans le dos.

Deux éléments peuvent éventuellement rassurer Total Partizan dans sa volonté de protéger la France d’une nouvelle vague de médiocrité :

1. Jeremy Menez n’est pas forcément de la même famille que Bernard Menez. Il y a 2'641 personnes en France et ce depuis 1890 qui ont porté ou portent ce nom de famille [cliquer lien pour investiguer la généalogie des Menez]. Certes, Menez se situe au 2’860ème rang des noms les plus portés en France mais ils sont présents dans 34 départements (aucune garantie sur la source…). Faudrait vraiment un coup de malchance improbable.

2. Jeremy Menez peut éventuellement changer de nom de famille. Après Benzema, Ben Arfa ou Nasri, il n’a qu’à se trouver un nom d’immigration récente au lieu d’un nom de famille d’origine bretonne (et non pas espagnole, comme vous l’auriez cru), merde ! Tous les p’tits gars, ou presque, qui ont amené les Bleus au sommet sont issus de cette immigration récente : Kopa. Platini, Zidane. Il n’a qu’à perpétuer la tradition au lieu de nous faire penser à l’interprète de « Jolie poupée » [cliquer lien pour écouter]

bidemenez45.jpeg c'est chôli!