| Guti l'arlésienne
gros plans Par David Cap - El consultan iberico (autres articles du même auteur) ven 15 fev. 08 / 12:18 |
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Les turrones et autres roscones depuis longtemps dans la fosse sceptique à nourrir les canards, comme tant d’autres les footballeurs ont repris le travail depuis quelques semaines déjà, dans la mosaïque des contrées et des populations qui forment l’Espagne.
C’est un emprunt :(1) « Viva España!/depuis les vertes vallées/à l’immensité de la mer,/un hymne de fraternité » proclamait benoîtement les nouvelles paroles de l’hymne espagnol, qui n’auront duré que 5 jours, retiré devant la ola de rires sarcastiques . C’est pour dire : Raúl n’a même pas eu le temps de promettre de le fredonner si on le laissait revenir en sélection. Mais plutôt que la volonté des autorités sportives de donner des paroles à la musique champêtre qui sert de mélodie nationale, afin de permettre aux sportifs de chanter à pleins poumons comme leurs rivaux, ce sont plutôt les hymnes joués lors de la CAN qui ont accaparé les attentions et les inquiétudes. Celles des clubs de plus en plus dépendants de leur main d’œuvre africaine, légale pour une fois, comme celles de certains ultras ploucs parce que leur hu hu résonnaient à vide. Eto’o qui revient blessé, et c’est tout un Barça en quête d’une identité perdue qui tremble. Pour notre part, nous n’allons pas vous parler d’internationaux écartelés entre leur sélection et leur club, mais plutôt d’un joueur qui a l’assurance, malgré tout son talent, de rester bien au chaud à la maison lorsque le sélectionneur Aragonés décroche son téléphone.
Guti l’arlésienne
José María Gutiérrez, dit Guti, l’arlésienne de Madrid, le blondinet débile léger, mais capable comme peu de fulgurances incroyables sur un terrain, fait encore une fois l’objet des débats des bars madrilène. L’« espoir de 30 ans », comme le surnomma lors d’un congrès estudiantin un président Calderon ayant abusé du pinard à midi, n’arrive toujours pas à cimenter une place de titulaire indiscutable dans l’équipe du Schtroumpf grognon à moustache qui sert d’entraîneur au Real.
le schtroumpf grognon
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Pourtant, en l’absence de concurrence réelle, l’ersatz beckhamien made in Spain, ¡cojones !, a enfin semblé disposé cette année à faire preuve de régularité, distillant des passes géniales à Raúl, Van Nistelrooy et autre Robinho, pour qu’ils enfilent leurs buts comme Ronaldinho ses préservatifs. Guti dépositaire du jeu madrilène, Guti pierre angulaire du projet offensif réclamé par tous après l’ostracisme de Capello, « Guti ! Guti ! » acclamé par les supporters, ¡Guti superstar ! comme le titre qui barrait la portada de Marca au lendemain de la victoire 7-0 contre le Valladolid, le 10 février.
Las, le charme n’opère que par à-coups. Guti a refait de nouveau la une de l’ensemble de la presse sportive après ce match pléthorique (2 buts, 4 passes décisives), comme en début de saison en somme. Entre les deux, Guti était retourné aux dernières pages de la presse rose et aux pages intérieures du fanzine du Real Madrid, le quotidien Marca, ce qui revient un peu au même. Il faut dire que Schüster avait décidé de le remettre sur le banc. Pas vraiment pour une question de discipline comme l’ancien joueur soupe au lait le grommelait à longueur de conférence de presse (un énième carton rouge pour un énième caprice sur le terrain), mais pour faire preuve une nouvelle fois de nonchalance et de je-m’en-foutisme. Baptista les muscles, la Bestia, l’avait remplacé et depuis demeure convaincant au sein d’un Madrid chanceux derrière, travailleur et volontaire au milieu, et efficace et habile devant. Comme sous Capello finalement. Au passage, après la promesse de faire venir Kaka, l’achat d’un Robben cramé ou la fanfaronnade sur le triplete (champion’s, Liga, Copa)(2) , un nouvel argumentaire de Calderon la gaffe qui tombe : « les supporters du Real mérite de voir du beau jeu en plus de gagner ».
ferme ta gueule
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Ce contexte ne peut que favoriser Guti, qui est le seul véritable milieu de terrain créatif de l’équipe (Sneijder, Gago, Diarra, Balboa, Drenthe sont les autres possibilités au poste). Bien que gosse mal élevé, Guti est avec Robinho le visage du football technique et spectaculaire que réclame le public difficile de Madrid. A l’époque galactique du mégalo Florentino, Guti ne dépareillait pas à l’entraînement aux côtés de Figo, Ronaldo ou Zidane, l’un de ses modèles déclarés. C’est le dernier excellent joueur sorti d’une cantera madrilène qui s’est essoufflée de ne plus faire partie des priorités de la junta dirigeante (a contrario du Barça). Mis à part en défense, il a joué à absolument tous les postes (3), avec un égal bonheur , bluffant les gutiphobes les plus endurcis. Bref, Guti cumule les avantages, à part endurer un cortex de moineau. Cette tare semble cependant rédhibitoire.
Son retour en grâce et son superbe match l’auront relancé une fois encore, comme mille fois précédemment. Mais il fut titulaire pour la blessure de Van Nistelrooy.
c'est laquelle?
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Eternel recommencement. Guti est soumis au même régime depuis 10 ans. Et répond toujours avec les mêmes réflexes pavloviens. Une cervelle de moineau on vous dit.
Les taupes des terrains d’entraînement de las Rosas nous enseignent néanmoins une donnée essentielle. Les saisons où José María Gutiérrez fait preuve de génie, même par intermittence, et se montre décisif, le Real finit champion. En gros, Guti comme remède aux fameuses deuxièmes parties de championnat catastrophiques de Schüster. Pour notre part, tant qu’il n’ouvre pas la bouche et propose des gestes de ce type(4) , on n’en demande pas plus.
(1) Voici dans la langue de Cervantès la strophe la plus symbolique :
¡Viva España!/Cantemos todos juntos/con distinta voz/ y un solo corazón;
Ama a la Patria/pues sabe abrazar,/bajo su cielo azul,/pueblos en libertad;
¡Viva España!/desde los verdes valles/al inmenso mar,/un himno de hermandad;
Gloria a los hijos/que a la Historia dan/justicia y grandeza/democracia y paz.
L’auteur, gagnant d’un concours public, se décrivait déjà comme un « poète loser » aux journalistes qui l’interrogeaient lors de sa nomination…
(2) Le Real a été éliminé cette année en Copa par Mallorca en huitième de finale. Cela fait 15 ans que le club merengue court après le trophée (dernière victoire en 1993).
(3) Il joua par exemple second attaquant en 2000/2001, pour un total de 14 buts, et milieu récupérateur entre 2004 et 2006.
(4) http://www.youtube.com/watch?v=2cJtnI_eW4o
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