| In Beckham we trust
espionnage Par Subfoot - Iznogroupie (autres articles du même auteur) jeu 24 avr. 08 / 11:50 |
envoyer par email version imprimante |
Les icônes vivantes sont plutôt rares. Normalement, elles sont au milieu des cierges dans une Eglise orthodoxe ou catholique, encadrées dans un format A0, derrière une vitre qui les protège des embrassades baveuses des admirateurs et admiratrices persuadés qu’un petit bisou sur la bouche du zozo sur le tableau leur permettra de guérir l’arthrose de la Grand-Mère et la chaude-pisse du fiston.
La surmédiatisation à laquelle on est confrontée aujourd’hui et à laquelle les Eglises n’ont pas su tout de suite s’adapter alors qu’elles en étaient à l’origine (quoique, JPII, par exemple, a bien rétabli le cap) font que les icônes ne sont plus faites de verre et de peinture mais de chair et d’os ou plutôt devrais-je dire de chair musclée et sensuelle et d’os sous le caleçon de bain.
Aussi, je ne reviendrai pas sur le phénomène Beckham que vous chers lecteurs de journaux d’investigation, vous connaissez bien. Non, je voudrais tout simplement vous faire partager l’admiration que je porte à cette figure immortelle en vous montrant à quel point s’il n’est plus le joueur qu’il a été, le Becks continue de faire fantasmer les adolescentes et les retraitées dès qu’il sort ses lunettes et sa culotte Police.
Début de carrière hésitant
|
A l’occasion d’un voyage d’affaires à Hong Kong destiné à construire un réseau de relations auprès de mes réseaux chinois, je me suis offert le plaisir de quitter Hong Kong Island pour Kowloon, le premier pas vers l’Empire du Soleil Levant. Passer du quartier occidental aux premières portes de la Chine est toujours une expérience fantastique car elle se fait sur un bac duquel le Skyline de Hong Kong révèle toutes ses merveilles.
Arrivé sur Nathan Road, on sent tout de suite que quelque chose a changé. Le regard est plus bridé, les immeubles moins policés, l’anglais moins pédant, les Chinoises plus authentiquement charmantes, le dim sum légèrement plus orientaux et le tibétain se fait discret. Bref, on n’est pas encore en Mongolie intérieure mais on s’en rapproche. Le frisson de plaisir parcourt mon épine dorsale.
Et si ici aussi, Beckham voulait dire quelque chose ?
Et si ici surtout, Beckham aurait eu, depuis un bail, sa centième sélection en équipe d’Angleterre ? N’oublions pas que le territoire de Hong Kong a bel et bien été britannique pendant plusieurs décennies et qu’ici mieux qu’ailleurs, on sait ce que veut dire l’honneur et la défense de l’Union Jack.
Le doute n’est pas permis bien longtemps puisque les échoppes de la grande avenue de Kowloon regorgent de boutiques de marques parmi lesquelles celles qui ont assuré à Beckham sa vingtième piscine et sa dixième Bentley.
Beckham par ci, Beckham par là, regard lascif, torse et aisselles rasés de près et aussi bronzés que cette vieille peau de Michou. Soit c’est Photoshop, soit ce sont les UV de LA, mais il a l’air en forme l’anglais palot de Central London. La carotène, ça a du bon.
Par bonheur, sa femme est aux abonnés absents. Serait-ce par pudibonderie ou simplement par bon goût des Chinois que la Spice Girl ne boude pas sur les trottoirs de Hong Kong ?
Nathan Road est interminable. Après trois kilomètres de marche rapide, il semble que l’avenue continue jusqu’à Vladivostok. C’est décidé, marre des Avenues bien soignées et des vertiges de la consommation de masse. Je prends à droite de manière aussi brutale que Starsky & Hutch et m’enfile dans une perpendiculaire avec la sérénité de Huggy les bons tuyaux. Tout de suite, l’anglais semble être une langue abandonnée au coin de la rue, à la première gargotte proposant encore des calamars frits. A partir de là, c’est l’aventure. Inutile de crier « Hello », les gens que je croise ne se retournent même pas. Cela me donne le sentiment que mes appels à la bienséance sont perçus par mes interlocuteurs potentiels comme des éternuements ou mieux encore des raclages de gorges destinés à redonner à la nature ce qui ne me convient pas. J’arrête de faire semblant de vouloir cracher et les mains dans les poches j’avance dans la ville.
De chair et d'os
|
Dans les rues de plus en plus sombres rendues humides par la condensation des moteurs à air conditionné, je ne croise ni le visage de Mao, ni celui de Padre Pio. Pas mieux concernant le Dalai Lam ou Jésus Christ. Rael passe son tour et Lenine est ici une insulte, un peu comme C. Jérôme chez nous. Les stars se cachent, les icônes sont dans les placards, les mythes s’épuisent. Le spirituel a disparu du Sud de la Chine.
Tout le spirituel ? Non, demeure un homme que rien n’arrête dans ces rues glissantes où on mange ce qu’on nous propose et on dit merci aussi quand dans la soupe de légumes flottent quelques morceaux de viande qui respirent le Chihuahua. Et alors, certains mangent bien du cheval rétorque l’homme de la rue. Il paraît que dans la Cordillère des Andes, on mange des rugbymen lui réponds-je par souci de provocation idiote. Mon interlocuteur de passage ne sait pas ce que c’est comme animal mais pour me faire plaisir, il fait semblant d’être dégoûté. Je lui précise quand même qu’on leur enlève les chaussettes et les protège-tibias avant de commencer la prière qui honorera le festin. Le voilà rassuré.
Il mange peut-être du clébard le bougre mais il porte un t-shirt de Man United avec dans son dos le flocage de David Beckham, le 7 en érection et le rouge sang en orgueil bien placé. En Chine, ça porte chance. Comme quoi, on peut très bien avoir des goûts culinaires très fins et aimer les Anglais.
Pub gratuite pour l'UEFA
