UEFA POR-MIL
coupe de l'uefa
Par Ted Perry, "guy-ness" - La Rédaction (autres articles du même auteur)
ven 28 nov. 08 / 6:58

Remontant Campden en direction de Temple Bar, mes pas ont subi un stop sans go devant les vitres du « Bleeding Horse ». J'ai poussé la porte, hypnotisé par les images d'un écran majestueusement dressé au-dessus du comptoir. Un peu plus d'une heure et demi plus tard, City avait fait plié les allemands de Schalke sur leurs terres, et les milanais s'apprêtaient à fouler la pelouse humide de Portsmouth. Mes fonds de poche s'étalaient devant le serveur qui comptait les centimes pour combler ma soif.

james.jpg sympa, mais pas rassurant

A la présentation des équipes, l'enthousiasme était grand ! L'UEFA Cup vaut bien quelques Guiness, et la vision d'Adams sur le banc de Portsmouth ne pouvait que me pousser à lui rendre cet hommage tacite que de consommer allègrement l'alcool local.
Côté italien, Senderos titulaire en centrale, avec Favalli pour couvrir ses bourdes. Flamini au milieu, avec Kaka, Inzaghi et Shevchenko à nourrir de ballons.
Côté anglais, Kanu et Crouch font les grands compas de la ligne offensive, excusez du peu. Kaboul et Distin se partagent la défense, oui. Pas simple, surtout que James est dans les buts, oui oui, calamity himself, sur qui la presse irlandaise a branché ses projecteurs dans l'avant match, et surtout que Belhadj s'occupe du flanc droit de l'arrière...


Premières minutes : pintes à jeun sont l'ennemi du journaliste. Mes yeux se promènent tout seul de partout dans le pub. Il faut dire que le début du match ressemble à cette frappe de Bouba Diop, en touche comme au rugby. Ou, au choix : à une course de Belhadj, droit en sortie de but ; à un tacle de Hughes, imprécis et violent.

10ème minute : Poteau du Milan, qui s'éprend doucement du match et tente quelques mouvements face au jeu brouillon de son adversaire.

Dans la suite : Kaka fait le beau, et c'est beau. C'est à pleurer de penser que son successeur au titre de ballon d'or est une ballerine gominée qui a lamentablement été éliminé de l'Euro 2008 sans exprimer autre chose que son envie de partir à Madrid...

peter_crouch.jpg peter crouch vu du ciel

Un peu plus tard : Devant Dida, les échasses de Portsmouth se désarticulent puissamment. Dans une énième gorgée, je me perds en nostalgie... Quand ai je vu jouer Sheva pour la première fois ? Il était à Kiev, à cette époque. Et l'une des premières en tout cas, il affrontait le Racing Club de Lens, et son fantasque meilleur joueur d'alors, Tony Vairelles.

25 ème minute : Je m'emmerde, autant le dire. Ça va que je suis en manque. Taquin, Inzaghi m'a fait monter le pouls l'espace d'une seconde par un lob astucieux, à peine trop haut.

30 ème minute : Vivement la mi-temps ! Surtout que, en bon buveur, je commence à me ressentir de douleurs dans le bas ventre... ou l'expression d'un besoin qui devient urgent ! Ah, un truc sympa : épaule contre épaule entre Zambrotta et Belhadj... balle à Portsmouth ! Sur le banc, Adams réalise tout un tas de chorégraphies dignes du dernier album de miss Spears ! Adams, entraîneur, tout de même : quel exemple pour les joueurs ! N'est ce pas le plus célèbre de ceux qui ont pratiqué la bonne hygiène du « couché tard - bu beaucoup – y'a match ? » ? ! N'empêche, l'ex-pinté est dans toutes les mémoires... quel foutu joueur c'était !

Dans la foulée : Je vois un ralenti dont je n'ai pas vu l'action... Calm down, Ted ! Ralentis la bière... En même temps, le REC ne prend pas en charge mes notes de frais, alors je peux bien travailler bourré !

Re dans la foulée : Ancelotti s'est coiffé d'un bonnet... Comment le temps briton peut vous tuer un style ! Ça lui fait quasiment la tête de Fernandez ! Gros plan sur Kanu qui se replie vers le milieu de terrain. Il grimace. Putain j'espère que c'est pas le cœur qui lâche... La caméra saute vers l'arbitre, qui porte un kit main libre. Manquerait plus qu'il gueule comme un automobiliste.

beyonce.jpg beyonce, plus de style qu'Adams, non ?
36 ème minute : Mon téléphone vibre. Ce qui veut dire que Bruges, ou Sainté, a marqué un but dans une des autres rencontres de la soirée, non diffusé en Irlande parce que sans club anglais en jeu... alors même que les anglais, ici, ne sont pas aimés du tout. J'engorge un bon tiers de ma pint pour me donner le courage de lire le text. Une fois lu, je rebois une gorgée à la santé de l'UEFA !

40 ème minute : Après Oasis, au tour de Beyonce de meubler le fond musical du pub. Sur le banc, c'est Adams qui se trémousse.

Derrière : C'est fou comme une envie pressée vous désintéresse de la fin d'une mi-temps. Elle arrive, celle-ci, d'ailleurs ?

42 ème minute : Crouch tente un retourné acrobatique. Tibia – tribune.

Ensuite : Et pendant ce temps là, Senderos joue au Milan. Bientôt la mi-temps, je souffle, je vois le bout du tunnel. Le temps de quelques réflexions sans conséquence. Zambrotta en noir et rouge, c'est quand même moins beau que Zambrotta en noir et blanc. Enfin, pour le coup, il prend un jaune, le garçon. Malin, tiens. Dans le camp milanais, Distin se prend pour Delap mais l'arbitre s'en contrefiche et renvoie tout le monde aux vestiaires. Moi avec, qui file aux waters.

Mi-temps : Glorification de ce plaisir étrange du cri libérateur de la vessie ! Damnation de celui glaçant de la cigarette !
Bilan intermédiaire du match : trois occasions pour le Milan, à peine une pour Portsmouth. Et si le football pouvait être chiant ?

liberation.jpg enfin libres !

Les joueurs reviennent sur le terrain. Ronaldhino garde toujours le banc, pas loin d'Adams.

61 ème minute : Kaboul déboule et plante un coup de boule... ouvre le score ! Adams continue à se prendre pour une majorette.

65 ème minute : Seedorf remplace Gattuso, Little sort et Mvuemba entre.

72 ème minute : Au tour de Kanu de planter un but. Ça vient une nouvelle fois depuis la droite de Portsmouth, soit depuis Johnson. Mickey Ronaldhino Mouse rentre sur le terrain, avec Pato, à la place de Sheva et Kaka. Y'a des effectifs pire que d'autres.

ronnie.jpg ça cartoon pour Ronnie !
77 ème minute : Nouveau poteau d'Inzaghi qui se prend la tête à deux mains.

83 ème minute : Ronnie obtient une faute. Plutôt bêtement concédée par les anglais. Il se positionne comme Wilkinson au rugby, c'est à dire le cul en arrière, maniéré comme une gonzesse qui s'apprête à péter. Quel cirque pour tirer un coup franc ! Heureusement qu'il ne prend pas autant de respirations que Junhino à Lyon, ça voudrait durer le temps d'une small Guiness... Puis, ça part, et ça part même très bien... Et c'est dedans ! Chef d'œuvre de Ronnie... Gros plan sur James qui, faute d'avoir eu le temps de rien faire, n'a que des grimaces à proposer, criant sur ses partenaires du mur sans doute...

beyonce_2.jpg pour le plaisir d'un journaliste saoul

Peu après : la réduction du score a forcément redonné du tonus aux milanais qui se mettent à croire au match nul. Antonini, latéral gauche, fait montre d'un gros caractère.

Fin du match : Portsmouth la joue Fort Alamo. Oui, John Wayne est un contemporain de Mickey, donc ça fonctionne...

91'43 : Forcément... Inzaghi !! Dieu que ce type est grand depuis le temps qu'il nous fait le coup de ces buts ! Contrôle dos au but et dans la course, suivi d'un tir, le tout dans la surface, à moins de deux minutes du coup de sifflet final. C'est ce qu'on appelle arracher un match nul. Porter le coup final. Honorer le brassard.

Ce soir, Inzaghi était le capitaine. Plus que jamais. C'est lui qui me ramène ?