| IznoScolari
angleterre Par Izno - faussaire (autres articles du même auteur) mer 20 août 08 / 7:17 |
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Il est 10h15 à Cobham, le centre d’entraînement de luxe du Chelsea FC. J’aperçois une ribambelle de starlettes londoniennes sortir du centre, Carvalho est mal rasé, Bridge et Shevchenko partagent des points communs et Ballack boitille.Moi j’attends le patron, pas le russe, le nouveau, le brésilien moustachu qu’on compare souvent à Gene Hackman.
Heureusement que le rédacteur en chef le connaît depuis 2002, sinon autant dire que cette interview aurait été impossible à réaliser. Le pas lourd Felipe Scolari à l’air d’un beau morse qui déambule, pas un sourire, il me regarde et me serre la main super fort, belle poigne de guerrier.
I : Salut Big Phil
FS : Ne m’appelle pas comme ça cela m’agace au possible, moi c’est Felipe et vu que tu viens de la part du Prince Omar ton rédacteur en chef rempli de kebabs, tu peux m’appeler Felipao
I : Ok, alors sympa ta nouvelle villa ?
FS : Ouais, sympa ici, tout est là où il faut pour obtenir de grands résultats
I : Tu es venu à Chelsea pour l’argent, c’est vrai ?
FS : C’est pas avec des questions comme celles-ci que tu vas m’impressionner p’tit gars. Ben oui pour l’argent. Si l’Equipe t’appelle demain et arrête de te proposer des loukoums et te donne 6000 euros par mois, tu refuses ?
I : Euh non
Felipao, suite à un contrôle de Paulo Ferreira
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I : Disons que sportivement on n’a pas trouvé très correct que tu annonces ton départ en plein Euro, c’est peut-être ce qui a miné le parcours du Portugal, non ?
FS : Non, c’est l’Allemagne qui a miné le parcours du Portugal, ils étaient plus fort que mes gars qui dansaient sur le terrain. On s’est fait bouffer, c’est tout. Tu vois, le foot c’est simple, 11 contre 11 et deux buts, rien d’autre.
I : Ouaif, un peu facile Felipao, ce n’est pas toi qui dit que l’environnement c’est le plus important pour un collectif ? ça les a secoué tes joueurs d’apprendre que leur boss quittait la barque pour aller sur un yacht non ?
FS : Tu as raison, j’ai dit ça, l’important c’est l’esprit de famille dans un groupe, tout le reste est secondaire. Mais dans une famille il faut être transparent et parler aux gens comme des adultes, je considère que mes joueurs sont assez grands pour comprendre mon départ..
I : Beaux débuts avec Chelsea en tout cas, Roman a enfin vu le spectacle qu’il voulait voir. Une touche de balle, passes courtes, 4 buts, tout le monde annonce déjà Chelsea comme favori pour la victoire finale, c’est l’effet Scolari ?
FS : Je l’ai toujours dit, je ne sais pas si je suis un bon entraîneur ou non, c’est aux joueurs de le dire. C’est les joueurs qui commandent. Moi je suis là pour m’assurer qu’ils ont un cadre dans lequel ils peuvent s’épanouir, le président aussi.
I : ça fait un peu Ingalls dans « La Petite Maison dans la Prairie » ce que tu me racontes.
FS : Tu veux une claque ? Ce qu’il manquait à cette équipe pour un peu plus de spectacle c’est un type qui leur évite de jouer long, un gars tout le temps disponible pour faire circuler ballon.
I : Donc tu te débarrasses de Drogba et tu engages Deco.
je te tiens, tu me tiens
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I : Deco, c’est ton chouchou, on t’a souvent reproché d’avoir des chouchous et que la tactique n’était pas ton fort
FS : C’est vrai, je ne suis pas un tacticien, je sais juste ce qu’il faut pour que les joueurs fassent ce qu’il faut. Ensuite, c’est la famille qui joue son rôle. Cette équipe se connaît, je lui ai apporté un élément, un médiateur pour que la communication soit plus fluide.
I : C’est vrai que mon rédacteur en chef a vu un de tes entraînements en 2002 avec la Seleçao et m’a dit que les joueurs faisaient ce qu’ils voulaient sur le terrain. Paraît même que tu laissais Denilson jongler pendant une demi-heure pendant que les autres faisaient des exercices physiques ou avec le ballon ?
FS : Ben oui, Denilson était content, regarde ce qu’il a fait en demi-finale contre la Turquie, on gagne 1-0 et je le fais rentrer à quinze minutes de la fin. Il a rendu les Turcs fous en conservant le ballon grâce à sa technique hors normes. Tout le monde était content dans cette équipe, Ronaldo et Ronaldinho partaient en boîte de nuit et revenaient quand il fallait, Kaka restait à la maison, Lucio priait, une famille où la confiance régnait pleinement. La tactique, le physique, la technique, on a un groupe de professionnels qui assurent cela.
I : Benitez a dit que l’entraîneur n’est pas important à Chelsea, c’est le président qui a fait le succès de Chelsea, t’en penses quoi ?
Scolari n'est pas expressif
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I : Ah d’ailleurs Mourinho, parlons-en, tu n’as pas peur comme Avram Grant de vivre dans son ombre ?
FS : Je suis Felipe Scolari, je fais mon boulot, plus ou moins partout où j’ai posé mes valises j’ai gagné quelque chose, le reste je m’en branle.
I : C’est vrai que pour un gars qui a fait la guerre du Golfe rien ne te fais peur…
FS : Je suis parti juste avant, j’avais senti la merde et j’ai quitté le Koweit pour aller à Gremio au bon moment
I : Tu es aussi réputé pour ton tempérament chaud et l’incident survenu l’année dernière lorsque tu t’es pris pour Rocky sur Dragutinovic te poursuit un peu, tu comptes boxer qui à Stamford Bridge, le nez pincé de Wenger ?
Sans trucages
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I : Je crois qu’on va s’arrêter là alors ?
FS : Je crois que ça vaut mieux pour toi.
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