| La Grande Illusion
Ordre du jour Par Total Partizan, la révolution après l'apéro - La Rédaction (autres articles du même auteur) mar 26 août 08 / 8:40 |
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Voici les Peuples, dont le Football est l’opium, soumis à l’Illusion la plus funeste depuis que Harry Houdini a fait disparaître un éléphant en 1918 : l’Espagne est le parangon du jeu d’attaque, dit on ici ou là.
Houdini ne sortait pas avec Claudia Schiffer, mais il faisait disparaître des éléphants
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Frédéric Thiriez, chanteur d’opérette, en a même conclu que " le jeu défensif des années 90 est mort ". Alleluia ! La preuve est faite qu’il est possible de déclamer fadaise et billevesée sans craindre de s’étouffer dans ses bacchantes…
Là n’est cependant pas le plus grave… Peut on seulement en vouloir à celui qui a décortiqué les droits du foot français –au point d’en donner une tranche à Orange ! d’être déconnecté de la réalité des terrains ?
A vrai dire, Thiriez se moque bien des évolutions du jeu sur le rectangle vert, et compte davantage sur le nombre de billets de la même couleur qui s’entassent dans les caisses de sa ligue professionnelle.
Ce qui est à la mode est vendeur, et ce qui est vendeur fait sens.
Les soviétiques ont décidément bon dos d’être des fascistes au vu des vérités bénies nées du libéralisme !
Alors la mode est à ce compliment bonimenteur adressé à l’équipe nationale d’Espagne : elle a pratiqué un football offensif. Et Thiriez n’est pas le seul à promouvoir cette vérité saugrenue, il est à l’aune de la plupart des médias, qui aiment à se gargariser, au risque de se tordre une dent dans un haut le cœur d’avalage de salive !
Offensive, l’équipe d’Espagne ?
Au point d’incarner une exception et de soulever l’émergence d’un type de football porté vers l’avant ?
Spectaculaire, le jeu de l’Espagne, au point de susciter le plaisir inconditionnel du footeux ?
Une mécanique à orgasme, l’Espagne ?
Ce couple est il en train d'assister à Espagne - Allemagne ?
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Sur le plan des chiffres, l’Euro de l’Espagne ne figure rien d’exceptionnel.
Si les espagnols ont marqué une moyenne de deux buts par match, avec un total de 12 buts, ils n’ont encaissé que trois buts en retour. Pour comparaison, la France de l’Euro 2000 marquait treize buts, sans que Thiriez ne tire d’autre conclusion que sa joie d’être champion d’Europe, et Barthez allait par sept fois dans ses cages, soit quatre fois de plus que Casillas, qui y est allé lui-même une fois de moins que le gardien grec en 2004 ! C’est dire que si l’Espagne a le sens de l’offensive, soit elle s’est opposée à des équipes qui n’ont pas joué, soit elle a elle-même défendue, et rigoureusement !
La capacité de l’Espagne à scorer, et surtout à tenir ses cages vierges, s’accompagne d’une capacité à tirer. L’Espagne est l’équipe qui a le plus tiré aux buts en moyenne par match pendant l’Euro. Mais deux tiers de ses tirs ont été réalisés hors de la surface de réparation. De quoi faire sortir la défense adverse certes, pas de prouver la capacité à s’approcher des cages et à faire sauter de ouf et de wouah un public ravi par le spectacle, tel qu’on l’imagine dès qu’on évoque une équipe offensive…
Le couplet de l'Espagne offensive : digne de Didier Barbelivien
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Du triplé de David Villa qui en fait le meilleur buteur de la compétition, avec quatre réalisations sur deux matchs différents seulement, à la prestation des Pays-Bas durant la même compétition (10 buts inscrits en 4 matchs), tout est là pour ne pas s’attarder trop à dégonfler les idées surfaites des fast thinker du foot !
Malheureusement, la Grande Illusion ne s’arrête pas là… et non lasse de vendre l’idée d’un modèle offensif incarné par l’Espagne, elle véhicule encore celle de prestations ibériques spectaculaires au point tel d’en créer le désir !
Les footeux ont ils découverts un jeu tel qu’ils en ont un appétit féroce ?
Statistiquement toujours, si les espagnols ont marqué 12 buts, ils ont également réalisé la moyenne la plus élevée du nombre de passes par match. L’indice d’un jeu euphorique ? D’une pratique léchée du jeu à une touche de balle, rapide précis et perforant ?
L’Espagne, si elle s’est caractérisée par une qualité de jeu, l’a été par sa capacité à faire sien le rythme du match… et non pas à proposer des matchs emballés, bien au contraire, mais des matchs en faux rythme, presque lents, avec des vagues de possession de balle jamais menées vers l’avant sans revenir, de manière obsessionnelle et obsédante, sur les bases arrières, autour du piston Senna, métronome fort en jambes. L’Espagne n’a pas lancé de chevauchées fantastiques à faire hurler les orchestres, mais s’est assise au coin du feu, patiente, prête à tenir le siège, elle a posé quelques coups, par ci par là, histoire de maintenir sa proie dans l’inquiétude. Et sa domination spartiate, quasi hypnotique, a fini par avoir raison de chacun de ses adversaires, épuisé, impuissant, abandonné.
L’Espagne en parangon du jeu d’attaque est aussi crédible que Thiriez en prêtre du Jeu !
Là où les ibères ont pratiqué la lente agonie de leur adversaire, la Grande Illusion veut nous faire croire à une ode aux cavalcades de feu ! Là où Aragones cuisinait le savant épuisement des troupes ennemies, cette même idée reçue à la mode des médias qu’est la Grande Illusion commande de lire la fin du football défensif des années 90 !
La machine espagnole, huilée comme le corps bodybuildé d’un Gouverneur de Californie en âge de se dépuceler, est une mécanique à tout sauf à jouir ! Certes moins ennuyeuse que la Grèce, elle ne représente en aucun cas un modèle offensif et peut encore moins servir de symbole à l’émergence d’un foot plus particulièrement tourné vers l’attaque.
arnold, recouvert d'huile espagnole
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La Grande Illusion peut aller se rhabiller ! Houdini refaire le coup des éléphants et Thiriez se raser la moustache.
le foot défensif des 90', l'autre dahu
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Une chose est sûre : des médias à la Ligue, tous peuvent communiquer en jouant avec la réalité sur le spectaculaire de telle ou telle équipe, de telle ou telle compétition.
L’Histoire du Foot, elle, se passera d’eux. Et s’écrira à la suite des footeux, de stade en stade, et de bouches en oreilles. Avec de vrais dahus.
