| IznoRam
Ordre du jour Par Izno, isn't it - La Rédaction (autres articles du même auteur) mer 27 août 08 / 3:20 |
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Pour la première fois depuis la saison 1990-1991, une saison de foot professionnel commence sans qu’aucun club européen ne compte dans ses rangs un défenseur du nom de Lilian Thuram. Le plus capé des internationaux français a mis un terme à sa carrière à cause d’une malformation cardiaque.
à côté de Charles Villeneuve... un mal pour un bien ?
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I : Dis, Lil’, j’étais persuadé que t’étais pas le genre à traîner dans les coins people friqués…
Lilian : C’est friqué ici ? Peut-être ! Je sais surtout que c’est beau. Alors, puisque je peux, je profite de ce beau lieu.
I : Tu te lances dans le golf pour avoir une seconde carrière à la Boghossian ?
Lilian : Non, pas du tout. J’affectionne juste ces lieux calmes. De grandes étendues de verdure baignées par le soleil et l’air marin, où la main humaine joue de ses talents. Je me sens bien dans cet environnement.
I : Comment se passent ces premières semaines de retraité ?
Lilian : J’ai passé l’âge d’être surpris par la retraite. Je suis en instance de retraite depuis quelques années déjà ! J’ai pris mon pied jusqu’au bout. Et j’arrête par précaution. C’est un sacré coup au moral, parce que c’est dur de prendre conscience des limites de son corps. C’est une petite mort… Mais je relativise. Je ne peux pas m’arrêter à ces derniers mois. Trop de belles choses ont précédé.
I : Ces derniers mois, ils ont été particulièrement mouvementés, entre l’Euro raté, le transfert avorté au PSG et la fin de ta carrière…
Lilian : Je suis déçu de perdre, à l’Euro. Je n’aime pas perdre. Je suis déçu aussi pour les nouveaux qui arrivent en équipe de France. Après, il faut être lucide. La culture de la gagne, ça ne vient pas en claquant des doigts, et ces petits là ne sont pas encore prêts à assumer des compétitions internationales comme on l’a fait nous, les Thuram, les Zidane, les Barthez. Il faut avoir un mental spécial. Et ça…
I : Tu veux dire que c’est les jeunes internationaux qui ont pris le plus de responsabilité dans l’échec ?
Lilian : Non, je ne veux rien dire du tout qui accuse qui que ce soit. L’échec est collectif, et cela concerne donc et les anciens et les nouveaux, et ceux du milieu, et celui qui a la responsabilité que la mayonnaise prenne, et les médecins, et les responsables fédéraux. Tout le monde !
René, cafetier et responsable de l'échec à l'Euro
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I : T’es pas loin de nous apprendre que c’est aussi la faute de René, cafetier à Saint Barthélémy les Ouilles ! ?
Lilian : Si t’étais moins cherche merde, Izno, tu aurais compris qu’à partir du moment où je dis que tout le monde est responsable, je dis simplement que la France n’y était pas. Et qu’au-delà des responsabilités de tout le monde, il y a juste le fait qu’on a été moins bon que nos adversaires. Un compétiteur doit accepter de perdre.
I : Le plus capé des internationaux français devait il réfléchir à venir au PSG ?
Lilian : Je pige pas ta question, man.
I : Si tu n’as pas de problème cardiaque repéré, tu signes au PSG. Est ce que ça a de la gueule ?
Lilian : Makélélé, Giuly, Rothen, ça n’a pas de la gueule ?
I : Non. Et Thuram ?
Lilian : Tu veux une claque ? C’est vrai que le PSG traverse une période difficile, comme le championnat de France dans son ensemble, mais faut pas exagérer… Tu voudrais pas y jouer, toi, au PSG ?
I : C’est un choix par défaut, Lil’ ! Si tu peux finir tranquil’ à Barcelone, tu y restes, au bord de la mer, bien payé, et avec d’autres ambitions sportives !
Thuram, c'est un sportif qui a une main sur la bouche
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I : Tu avais envie de te rapprocher des centres de décision français ?
Lilian : Je n’ai pas d’ambition politique.
I : N’empêche, t’as une belle gueule pour l’emploi ! C’est quoi qui te titille le plus : la Fédé ou l’UMP ?
Lilian : Déjà, je ne suis pas un homme politique, je n’ai donc pas à me déclarer de droite ou de gauche, à rejoindre l’UMP ou le PS, sous prétexte que je suis propre, de part mon nom et mes positions, à faire gagner des voix aux uns ou aux autres. Et si la Fédé et moi avons discuté, j’avoue que, pour l’instant j’apprécie d’être un " homme de l’ombre ". Pour une fois que je peux être hors jeu !
I : En attente de quoi ?
Lilian : Tu te rends compte de la putain de chance qu’on a, nous, les vainqueurs de France 98 ? Tu sais ce que c’est d’être Lilian Thuram ? Je dis ça, ce n’est pas pour être prétentieux… Mais, avoir une telle carte de visite, et sans me vanter, en n’étant pas trop con, mais c’est un truc extraordinaire ! Je pourrai m’exprimer comme Spiderman : un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Et ce grand pouvoir, je l’ai.
I : De quoi as tu le pouvoir ?
Lilian : Déjà, celui de choisir. Aujourd’hui, je peux choisir où je veux aller, ce que je veux faire. Je vais choisir ce que j’ose ! Ce choix, je le fais en ayant une assise financière qui fait de moi un millionnaire. Tu es millionnaire, toi ? Et ce choix, je le fais en étant Lilian Thuram, pas trop con, très connu, ce qui veut dire que je peux avoir des appuis, si je n’en ai pas déjà assez ! C’est un horizon incroyable que j’ai devant moi. Je n’ai pas envie de m’engager dans cette route sans mesurer pleinement la chance qui est la mienne, et la manière dont j’use de cette rare liberté.
I : Ca ne te manque pas de courir sans avoir à balancer des phrases de trois plombes et pleines de mots importants ?
Puf Daddy porte des lunettes, ce qui ne l'empêche pas d'être con
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Lilian : T’es un merdeux de me faire passer pour un intello. Les journalistes sont les plus cons de l’affaire : dès qu’un footeux a une paire de lunette et qu’il sait dire bonjour, merci et au revoir tout en ayant des opinions un peu construites, on en fait un intello ! Ca sert confortablement l’idée que les footballeurs sont des cons.
I : Et c’est pas vrai ?
Lilian : C’est vrai. Comme dans tous les milieux ! Au moins, ceux qui sont cons dans le football le sont payés chers et pour jouer un sport. Pas mal, pour des cons, non ? !
I : Le terrain te manque ?
Lilian : Affreux. C’est à dire, je crois que j’aime tout ce qui va avec, autour. Et je crois que je n’aime pas vieillir.
I : Tu pourras toujours aller commenter sur Canal avec Desailly, Liza et Dugarry ? Ils donnent l’impression de se sentir jeunes…
Lilian : Occuper la place, ça renvoie une image de soi positive. J’ai d’autres ambitions. Je crois que je veux occuper les idées davantage que la place. Ou plutôt que, si je veux occuper la place, alors ce sera par les idées. Sinon ? Ben autant continuer à faire du foot, mais avec des amis, et sur de belles plages, comme en dessous de ce golf…
