De SUBFOOT.COM

Les oeufs dans les jaunes, Chapitre 13
Publié dans: Les oeufs dans les jaunes
Par [unknown placeholder $article.author$] - mer 13 juil. 05 / 11:08


Les oeufs dans les jaunes, Chapitre 13 - Roque voisine

 

Ce qui suit est une non-fiction. Toute personne nous accusant d’avoir inventé ces faits seront poursuivis pour tentative de diffamation subjective. Toute ressemblance avec Micheline Dax ou autre célébrité existant dans la vie vraie n’est que pure fausse coïncidence

 

micheline.jpg Micheline Dax

 

Retour dans la piaule des potes de Sao Paulo, plus de chambre à l’hôtel KAL, complet le soir du match  (nous sommes toujours au soir suivant la rencontre Brésil-Chine). Le Prince d’Osaka (notre hôte au Japon), Kozo le bien nommé vient d’atterrir sur Cheju et nous a rejoint dans ce 8 mètres carré qui sent l’homme, le légionnaire, le besoin et la chaleur. Point d’air conditionné, fini le luxe, une nuit de franche camaraderie.

 

Les associés sont excités, Guru les a chauffés à blanc et cette fois, ils le croient et le regardent avec des yeux tout ronds. Nous sommes 7 dans cette maudite pièce, 7 à nous changer, à nous préparer pour ce que le Guru nous a promis d’être la soirée de notre vie : « Omah, Honnie nous attend, tu vois les habits que je lui ai phépahé, le bob, le t-shiht Ahmani, le behmuda, il va faihe le muh pouh venih faihe la fête avec nous , toi et moi on va les chehcher, Sehpente s’occupeha de resehver les VIP dans la discothèque, une fois posés dans la boîte, j’ihai chehcher les gonzesses… »

 

En effet, Guru a dégoté un petit groupe de charmantes supportrices auriverde et les a embauchées pour la soirée avec son baratin habituel. Le planning est étroit mais précis. 23h24, enlèvement de la Seleçao à l’hotel à 0h15, retour à la boîte de nuit à 1h00 et Guru a donné rendez-vous aux demoiselles à 1h15. « Je suis comme une hohloge suisse, suhtout quand il s’agit de gonzesses, je suis pile poil »

 

Une adrénaline compréhensible me gagne lorsqu’on embarque le taxi coréen

taximan_cor_en.jpg Le taxi coren

direction la résidence de Scolari and co. Les promesses de ce voyage onéreux sont pleinement remplies et je n’ai « encohe hien vu ». On débarque au Paradise Hotel, l’on dit au taximan d’attendre, celui-ci nous regarde bizarrement, il ne comprend pas le plan, d’un coup Guru lui sort : « Wait here, me pick up Ronaldo » Les yeux bridés et endormis de notre bonhomme se débrident, il se retourne vers moi au moment où Guru sort du taxi et il me dit : « Lonaldo ??? Lonaldo playel ??? Lonaldo football ? Lonaldo Blazil ???! » timidement je lui réponds « Yes… »

 

Le gars, à ce moment, ne réalise plus ce qui lui arrive, d’ailleurs moi non plus. Il se retourne comme une toupie dans son siège molletonné par les classiques boules masseuses, il fait un boucan pas possible et crie : « Lonaldo, Lonaldo, me dlive Lonaldo !!!! (Ronaldo, Ronaldo, moi conduire Ronaldo» Je ne sais que faire pour le calmer. Il ouvre sa boîte à gant un jet de cartes de visites lui explose à la gueule tellement il tremble et reste excité par l’affaire, il n’arrive pas à saisir le bout de papier qu’il cherche : Lonaldo, please signature, signature, please fol Children, please » J’hausse les épaules afin d’exprimer mon impuissance par rapport à la situation.

 

Guru cogne contre la fenêtre de la voiture et me dit de sortir, je me rue à l’extérieur pour découvrir une scène que même Dali aurait qualifié de surréaliste. Posté près des policiers au barrage, nous voyons surgir de l’obscurité, tour à tour : Ronaldo, Luizao, Juninho Paulista, Roberto Carlos, Ronaldinho, Denilson et Roque Junior, certains en survêt, certains en tenue de sommeil, tous prêts à faire le mur et venir faire la fête avec le Guru. En chuchotant Ronaldo crie : « Pegadaaaa Monstra, on va faire la fête porra ! ». Guru déballe les affaires de rechange qu’il a amené pour les joueurs, Ronaldo enlève son jogging, le roule et me le donne : «Tu me le rends, s’il te plaît, je n’ai que celui-là…j’aurais aimé te le donner mais je te jure, je n’ai que celui-là… » il enfile le bermuda, le bob et le t-shirt Armani « Voilà, comme ça c’est la classe » dit-il.

 

Et dire que je tenais dans mes mains le pantalon d’entraînement du futur meilleur buteur de la Coupe du Monde 2002…

 

Ronaldinho enlève son polo officiel flanqué de l’écusson mythique surplombé par les quatre étoiles et l’échange avec le t-shirt du Guru, je fais de même avec Luizao. Juninho, Robertinho et Denilson sont guindés pour la parade et n’ont pas besoin du troc.

roberto.jpg Roberto Carlos crois avec Micheline Dax

Roberto lance : « Putain les gars, si Felipao nous chope, on est mort » Je réalise la chance que j’ai de vivre ce moment incomparable, unique. Et dire que pas plus tard que tout à l’heure, des millions de téléspectateurs de Sao Paulo, Rio, Bahia et j’en passe étaient amassés devant leurs postes bavant au devant des exploits footballistiques de ces compatriotes qui traînent avec moi.

 

Il ne restait plus qu’à apprêter Roque Junior qui apparemment a un plan avec un pote à l’hotel KAL. Ronaldo me dit : « Omar, va avec Roque et rejoins-nous au club… tout de façon on ne pourra pas prendre le même taxi… » J’embarque avec le milanais, le taximan coréen se retourne et tout déçu me dit : « No Lonaldo ??? whele Lonaldo ? » Je lui réponds « Not here, KAL hotel please” Pauvre gaillard, je bouffe sa soirée et détruit son rêve…

 

Je m’embarque du coup dans une interview improvisée avec le Roque :

(Traduit de l’italien et de l’araméen carioca )

O : « Alors Roque, tu te plais à Milan ? »

RJ : « Ecoute, ça va, beaucoup de blessures cette saison, mais le groupe est bon, surtout avec l’Ukrainien »

O : « Ouais tu parles, il est fort Sheva, ça doit être quelque chose de défendre contre lui à l’entraînement… »

RJ : « Ouais chaque fois, je me dis il ne passera pas et chaque fois il me fout une accélération »

O : « Et comment tu te sens pour cette Coupe du Monde ? »

RJ : « On va aller jusqu’au bout, Penta la cinquième est à nous. »

O : « En tout cas vous êtes bien partis…tu vas rester à Milanello la saison prochaine ? »

RJ : « T’es journaliste ? »

O : « Non je suis comptable… »

 

roque.jpg Roque Junior, sans les dreads

Etonné de ma réponse, Roque me regarde avec ses yeux imprégnés d'innocence et de confusion. Nous sommes arrivés à l’hôtel KAL, il demande au taxi de l’attendre puis me dit : « j’arrive, on va tout défoncer ce soir ». Je lui souris, le taximan se retourne et avec des yeux de cocker me lâche : « Lonaldo, please, whele is Lonaldo ???»

 

Dans le prochain épisode : Guru enchaîne une vingtaine de culbutes, Ronaldo se fâche et Ronaldinho danse la moonwalk



© Copyright 2008 by SUBFOOT.COM