| Les sentiers de la gloriole, épisode 1
Euro 2008 Par David Cap - El consultan ibérico (autres articles du même auteur) dim 13 juil. 08 / 2:14 |
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« ¡Campeones, campeones, oé, oé ! » « ¡E vivaaaa, España ! ».
Préparez-vous à souffrir, amis allemands, dans vos îles vacances espagnoles. Cette année la pollution sonore accompagnera les piqûres de méduse, les brûlures du soleil et la San Miguel éventée sur vos plages de béton.
Encore que soyons honnêtes. Cette beauferie chauvine, que l’Espagne cultive aussi bien que ses voisins français, l’odeur de friture en plus, s’est manifestée tardivement cette fois, fait assez rare pour être souligné. Foin les « Opa, vamos a ganar el mundial » de 2006, sur l’air d’un tube punk champêtre (en Espagne, Metallica et Iron Maiden ont encore bien la côte).
Le 7 juin, quand commence la compétition par le bandant mou Suisse/Tchéquie, l’humeur n’est pas bravache. Après la déconvenue des huitièmes contre une France supposée grabataire et un Zidane sur le déclin que les jeunes ibères devaient pousser dans les escaliers, les supporters espagnols de la rue et ceux plus sauvages des médias autorisés sont désormais prudents avec leur belle génération de joueurs.
Et puis, à 25 ans sans dépasser les quarts de finale d’une compétition internationale, la Roja a atteint l’âge de la maturité pour regarder la réalité en face.
Espagne/Russie, 10 juin, 18:00
Le premier match de la Roja, comme, tiens tiens, en 2006, est parfaitement réussi. Un triplé
Malgré la crise du subprime, Villa s'est illustré durant cet Euro
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Ce n’est plus la traditionnelle furia taurine que les joueurs déploient sur le terrain, cette stratégie du tous à l’attaque pour espérer marquer un but de plus que l’adversaire et pallier les trous défensifs. Déjà, une décennie de Saez, Camacho et autres sélectionneurs à la Clemente est passée par là pour mettre les rouge et bleu marine à cette mode défensive qui fit fureur en 2004 avec la victoire des tristounets hellènes. Mais cela va plus loin.
C’est ce que ce vieux singe d’Aragonés, fin contempteur du football national pour en avoir écumé ses terrains depuis 30 ans, a compris malgré sa sénilité précoce : il est contreproductif de brider le talent technique d’une génération assez exceptionnelle, qui a tout gagné chez les jeunes, aux seuls labeurs défensifs. A la discipline et au replacement enfin assimilés, le vieux a promu chez ses hobbits, dont le physique n’est pas la force principale, la clairvoyance et le redoublement dans les passes qui fera merveille tout au long du championnat.
de gauche à droite: Silva, Iniesta, Xavi, Fabregas
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Cependant, comme les observateurs tardent à assimiler la mutation, et que les déconvenues récentes restent vivaces, on retiendra que les russes restèrent dangereux jusqu’en milieu de seconde période (à un cheveu du 1-1), que le niveau de Ramos et Iniesta inquiète, que Torres court beaucoup dans le vent, et que d’autres sélections, la Hollande et le Portugal en tête, semblent encore mieux maîtriser leur football. Bref, c’est bien joli tout ça, mais pour se prendre encore un taule en quarts, hein, autant ne pas s’affoler.
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